Je doute encore

Publié par Evely le jeudi, septembre 23, 2010
Je le dis depuis déjà quelque temps. Je trouve, personnellement, que la maternité (et la paternité, bref la parentalité) se définit pas des dilemmes-de-contrastes-continuels. À chaque instant, un doute nous s’empare de nous. Ça commence dans les talons, mais ça ne prend pas de temps pour que ça nous talonne dans la tête.

En fin de semaine, je prenais une marche "pousse-pousse" avec deux copines. Pour l'une, C'est le retour aux études alors que son bébé commencera la garderie. Pour l'autre, c'est le retour au travail en janvier et, du même souffle, son bébé commencera à son tour la garderie. Quand ma copine étudiante me parle de ses journées, je me revois un an auparavant.

Le matin, on est contente d’aller porter Bébé à la garderie. À nous le monde et tous ses secrets! Les deux mains libres, rien n’est à notre épreuve. Une fois Bébé déposé chez la gardienne, une impression de vide, de néant. La vie est tellement plus belle avec notre chérubin dans les bras. Une fois au travail (ou à l'université), l’ambition vient nous chercher et on fonce alors la tête baissée... jusqu'à ce que notre fond d’écran, la photo dans notre portefeuille, les petites chaussettes de rechanges dans le fond de notre sac viennent nous rappeler qu’il nous attend impatiemment. Après une larme ou un gros soupir, le reste de la journée semble être une torture. L’heure du retour sonne et c’est à toute vitesse que nous filons vers la garderie. « Tassez-vous, mon bébé me réclame et je le réclame autant! ». Puis, on ralentit le pas pour profiter des derniers instants de la journée où nos bras sont libres. Arrivés à la maison, on concocte rapidement un souper santé pour pouvoir jouer le plus longtemps possible avec notre petit cœur avant le rituel du bain. Finalement, alors que ses yeux sont alourdis, Bébé s’endort. On se dit « enfin un peu de temps pour moi !». Pourtant, avant d'aller rejoindre le lit nous-mêmes, on se permet un dernier coup d’œil dans la chambre de Bébé. On se rend alors compte qu’on a hâte au lendemain pour voir les petits sourires de Junior. Une fois la tête sur l’oreiller, nos rêves dérivent vers de possibles exploits dans notre carrière et des jeux loufoques avec notre petit prince.

C’est assez pour se demander si on n’est pas victime de schizophrénie. Je blague évidemment, mais il reste que c’est assez contradictoire somme toute. Mon autre copine se trouve dans une tout autre situation qui me rappelle aussi beaucoup de souvenirs.

Alors que la fin de mon congé de maternité approchait, je me questionnais de plus en plus sur mes choix professionnels. Je voulais plus et mieux. Je voulais un poste plus adapté à ma nouvelle réalité et, en même temps, plus de défis. Je voulais être mieux payée et davantage reconnue. Je voulais être plus proche de ce que je rêvais de faire depuis tellement longtemps, mais aussi complètement différent de ce que je faisais. Bref, une belle petite remise en question. J’ai repris le boulot avec de bonnes intentions: performer et persévérer dans mon emploi en mettant de côté mes "caprices professionnels". Finalement, au bout de six mois j’ai changé de boulot, même si je suis restée dans un poste qui ressemble presque en tout à celui que j’avais. La grande différence, c’est que je me sens plus appréciée et que je sens que je peux avancer professionnellement. Je garde en tête le « job » de rêve dans mon domaine de prédilection, mais je me dis que je suis encore en mode apprentissage et expérience. Bref, j’ajoute des cordes à mon arc pour que, lorsque j'attaquerai, je vaincrai!

Ma copine qui recommence en janvier a le goût de changer son emploi du tout au tout, mais je crois qu’un peu comme moi, elle ne sait pas vraiment pourquoi elle changerait. Ces deux copines me font réaliser que la maternité demande de faire fréquemment ces remises en question. Que les dilemmes-de-contrastes-continuels font partie de la maternité/paternité. On dit souvent qu’avec des enfants, on ne voit pas le temps passer. Je me demande si ce n’est pas un peu pour cela qu’on sent fortement les éléments qui détonnent se frotter contre nous. Je m’investis de plus en plus au travail et dans l’écriture comme si j’avais peur que la venue éventuelle de Bébé2 me fasse encore une fois douter. C’est un peu comme si je voulais ancrer mes bases pour être certaine qu’elles ne partiront pas au vent de ma dualité grandissante.

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Crédits photo: Licence CC Helico

6 bouteilles à la mer...:

maman toute croche on 23 septembre 2010 à 06:29 a dit…

C'est tellement vrai de A à Z, ca fait du bien de constater que je ne suis pas seule que la maternité rends schizo! Merci!!!

La Belle on 23 septembre 2010 à 08:09 a dit…

Tellement vrai, la maternité nous fait vivre tellement de remises en questions...

Je le sais, je le vis quotidiennement ! Tout comme maman toute croche !

Anik on 23 septembre 2010 à 08:30 a dit…

Je te comprends tellement, chère Evely. Ce foutu dilemment, cette dualité, je l'ai vécue jusqu'à ce que Bébé3 ait 1 an environ. J'ai cessé de me sentir coupable parce que j'avais du temps libre et que les enfants étaient à la garderie ou parce que je voulais une carrière...

Mais c'est vraiment avec la monoparentalité que la culpabilité et le dilemme ont totalement disparus... Quand je suis retournée enseigner, que j'ai cessé le bénévolat à l'école de ma fille et les petites activités maman-enfant avec les 2 plus jeunes, je l'ai fait puis j'ai assumé sans culpabilité. Et maintenant, bien quand je travaille, je travaille, et quand je suis avec les enfants, bien je ne travaille pas (ou si peu, parce que travail autonome parfois oblige). Mais c'est un long processus.

Garde en tête ce qui est important pour toi (le temps perso, la carrière et la famille), mais ne mêle pas le temps alloué à chacune de ses sphères, cela ne sert à rien. Je sais, facile à dire, mais tu y arriveras et tu te sentiras bien mieux, crois-moi!

Maman à bord on 23 septembre 2010 à 10:23 a dit…

Dans ma vie aussi, je peux dire que la maternité a apporté toute une suite de remises en questions! Bébé grandit... et nous aussi!:)

Bizz on 23 septembre 2010 à 12:36 a dit…

Deux choses qui retiennent mon attention dans ton billet.
La culpabilité: En devenant maman, j'ai laissé moi aussi, comme la plupart des parents je suppose, une grande place à la culpabilité, pour tout et pour rien (et plus souvent qu'autrement, pour rien). Ça doit faire partie de nos apprentissages en tant que parent : gérer cette culpabilité/contradiction. C'est normal d'en ressentir, c'est pas rien après tout, on a la responsabilité d'offrir une bonne base à nos enfants pour qu'ils puissent par la suite construire leur bonheur. Fiou. Et bien souvent, on se questionne nous-mêmes à savoir si on est vraiment heureux!
Les remises en question: une chose primordiale que j'ai comprise avec la naissance de Bébé fille (il était temps que je le comprenne!), c'est que si je souhaite apprendre à ma fille à être heureuse, suivre ses passions, avoir confiance en elle et tout le tralala, faut d'abord que je le fasse moi-même dans ma vie (children see, children do, comme le dit si bien le paquet de Mark Ten au dépanneur du coin). Ça doit venir de là toutes nos remises en question. Et à force de se donner autant pour accompagner un petit être en développement, on a envie de penser à nous dans les autres sphères de notre vie (travail, loisir, etc.)
Enfin, je crois...

Evely on 23 septembre 2010 à 22:06 a dit…

@ maman toute croche et La Belle
On sera trois... ou trois avec une double personnalité ce qui veut dire six dans notre schizo-de-maternité

@ Anik
Donc ce que je retire de ce que tu dis, c'est que je devrais me séparer... non je taquine, mais merci pour les conseils. Je pense qu'en effet l'important c'est de s'écouter dans chaqu'une des sphères qui nous définies.

@ Maman à bord
Tu as bien raison on grandit... grâce à nos bébé

@ Bizz
Je crois que tu as raison, si on est heureux nos enfants le seront aussi.

 

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