L'irréfutable quête

Publié par Evely le jeudi, mai 19, 2011
Je dis souvent que je suis en quête d’équilibre. C’est que j’ai le don de tomber dans les extrêmes. Comme Superpapa s’amuse à dire, je suis intense par bouts. Habituellement, quand je suis intense, c’est que je suis passionnée, que je fais une action par conviction ou encore que je suis en manque de contrôle.

J’aimerais bien être de ceux chez sur qui tout coule sur le dos comme un canard. Mais je suis l’opposée, je prends tout très à cœur. Il y a des choses qui se sont passées, il y a des années de ça, et qui me hantent encore.

Je me souviens que j’ai lu qu’une vie réussie est une vie sans regrets. Si c’est le cas, je vous le dis, j’ai royalement manqué ma vie, parce que j’ai des tonnes de regrets. Le premier étant que je n’ai pas fait le tour de l’Europe en sac à dos après mes études et ça va jusqu’à une parole que j’ai dite qui est mal sortie, il y a plus de vingt ans de ça.

Sauf que voilà, je ne pense pas que j’ai manqué ma vie ou que je suis en train de la manquer. Bien au contraire, j’essaie d’apprendre de mes regrets, j’essaie de trouver mon équilibre et d’être moins excessive, mais surtout j’apprends que c’est correct de se planter, tant qu’on a au moins fait l’effort d’essayer. Ce dernier point n’est pas au point.

J’ai une grande peur de l’échec. Étant donné que je ne me suis jamais spécialisée, étant donné que j’ai appris sur le tas, étant donné que je ne suis pas une perfectionniste, j’ai souvent peur de ne pas être à la hauteur. Cela est autant valide au travail où j’ai peur de ne pas satisfaire mes supérieurs qu’à la maison, où j’ai peur de ne pas arriver à être celle que Superpapa et P’tit Clown méritent, que dans mes passe-temps où j’ai peur que mes créations ne soient pas de calibre à plaire.

Je mène en ce moment trois où quatre projets créatifs en parallèle que je n’arrive pas à finir, car si je les finis, je peux les évaluer et si je peux les évaluer, je peux me rendre compte qu’ils ne sont tout simplement pas bons. Au travail, je veux me former pour monter dans la hiérarchie de la gestion de projets, sauf que mon esprit me trouble à penser que si je m’investis dans mes formations, je n’aurais plus de raison de ne pas être à la hauteur et qu’alors on pourrait se rendre compte que je ne suis pas aussi callée que j’en ai l’air.

Je vous parle de mes angoisses, mais on s’entend, elles ne sont pas toujours là à me gruger de l’énergie et de la confiance. Sauf que dès que quelque chose se passe, elles en profitent pour faire des munitions. Je combats ces angoisses par ma quête d’équilibre. Quand je tombe dans mes extrêmes, je m’imagine en funambule sur sa corde et que je fais plein de pirouettes. À tant en faire, la corde vacille et j’ai de la misère à rester stable. Lentement, je me replace, un peu à droite, un peu à gauche, un pied devant l’autre, les bras cherchant des points de stabilité. Je ne vois pas le bout de ma corde au loin, mais je ne peux qu’avancer. J’apprends à chacun de mes pas qu’avec beaucoup de patience et de la confiance en moi, je progresse.

Un jour, je serais vieille et ridée. Je sais que je dirais que j’ai des regrets. Je sais que je dirais que j’ai toujours manqué de confiance en moi et que souvent j’ai été trop incommensurable. Sauf que je sais que je serais satisfaite d’avoir toujours continué à croire que je peux m’améliorer. Je n’aurais pas le choix de finir au moins un projet. Le projet qu’est ma vie. Assise sur mon perron, soufflant mes derniers jours, je pourrais évaluer ce que j’ai été et être heureuse d’avoir toujours été moi. Même si ça inclut une dose d’incertitude au quotidien, de questionnement perpétuel, de gaucherie, mais aussi de passion et d’ivresse pour la vie et de volonté à être digne de tous ceux qui m’entourent et de moi-même.

Crédits photo : Licence CC Meredith_Farmer

6 bouteilles à la mer...:

Caro l'ergo on 19 mai 2011 à 07:27 a dit…

Dans la mesure où nous restons vrai, où nous restons authentique, où nous restons soi, sans vouloir être comme un autre. Que nous apprécions nos qualités et nos défauts. Nous ne devrions pas nous en vouloir.

Ce sont nos valeurs qui dictent nos choix et notre conduite. Dans ce sens, nous avons tout pour être heureux et équilibré. N'est-ce pas?

Anik on 19 mai 2011 à 07:41 a dit…

@ Evely

La peur ne sert qu'à être affrontée...

@ Caro
J'adore ta dernière phrase... Si nos choix sont en fonction de nos valeurs, il est vrai qu'on ne peut qu'être heureux...

Marie-Claude on 19 mai 2011 à 11:30 a dit…

Si tu suis ta passion, tu ne regretteras jamais ta vie.

Anonyme a dit…

Ce texte me rejoint tellement, merci d'avoir fait ce partage.

Mamanbooh on 19 mai 2011 à 15:45 a dit…

Décidément, j'espère te rencontrer en vrai un jour!

Il me semble qu'on pourrait être des copines...

Tout n'est pas juste noir et blanc, il y a des miliers de nuances de gris!

Julie ;-)

Evely on 19 mai 2011 à 21:12 a dit…

@ Caro l'ergo
Tu as bien raison.

@ Anik
Comme c'est bien dit.

@ Marie-Claude
Je suis d'accord et à la fois je ne peux qu'avoir peur des risques que ça implique... mais comme dit Anik faut bien affronter ses peurs

@ Anonyme
ça me fait plaisir :o)

@ Mamanbooh
Je ne doute pas une seconde que nous serions copine. Ta dernière phrase est une que je répète souvent. Je l'avais entendu dans une chanson des Monkeys quand j'étais jeune. Je la trouve tellement vrai et dieu sais qu'il y en a des teintes de gris

 

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