Comment répondre aux questions délicates sur la mort ? (partie 4)

Publié par Julie le samedi, octobre 31, 2009 5 bouteilles à la mer...
Décidément, le sujet est chaud. Ou froid, d'après la saison. À tout le moins, à l'approche de l'Halloween, il est inépuisable.

Aujourd'hui, nous cherchons désespérément le sac de GrandeSoeur. Celui qui sert pour les vêtements d'éducation physique. Celui qui doit être en "petit su" (tissu!). Facile à ouvrir. Et bien identifié. Pfft. Disparu.

Bref, nous cherchons l'item rare à travers tous ceux déjà éparpillés dans la maison.

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Julie, découragée - GrandeSoeur, je ne suis pas contente. Je l'ai cherché partout la semaine dernière et je te l'ai remis. Qu'as-tu fait avec?

GrandeSoeur, pas du tout décontenancée - Je ne sais pas maman.

Julie, abandonnant l'entreprise - Je ne suis pas responsable des sacs perdus et je n'ai pas l'intention de virer à nouveau la maison à l'envers. En attendant, tu devras prendre ce sac réutilisable. Il est en "petit su", il est facile à ouvrir et je vais bien l'identifier...

GrandeSoeur, toujours sage - D'accord, maman.

Julie - Tu peux aussi demander à St-Antoine-de-Padoue de le retrouver...

PetiteSoeur, s'immisçant soudain dans la discussion - Mais maman, il n'est pas MORT, lui?

Julie, voyant le "pattern" qui se dessine et prenant les devants- Euh... oui, ma petite poule. Il est mort. Mais je ne sais pas de QUOI. Je ne sais c'était QUEL jour. Et je ne sais pas j'avais QUEL âge. Tu comprends, ça fait trop longtemps.

PetiteSoeur, passant soudain à une autre étape - Alors GrandeSoeur devra trouver une personne VIVANTE pour l'aider à retrouver son sac. "Saint-Toine-Pa-DuTout", ne peut rien pour elle!!!

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Vous voyez qu'avec un peu de persévérance, on chemine?
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Comment répondre aux questions délicates sur la mort? (partie 3)

Publié par Julie le jeudi, octobre 29, 2009 2 bouteilles à la mer...
Nous sommes dans la voiture. Et nous venons de passer tout près de l'école de dressage pour chiens. -----

Julie - Ici, c'était l'école à Inès lorsqu'elle était un bébé chien. Elle était très intelligente dans ce temps-là... Et elle ne sentait pas encore trop mauvais.

PapaZen - C'était avant que vous ne veniez au monde. Dans le temps où, on ne savait pas comment occuper nos soirées...

PetiteSoeur - Dis-moi les noms des autres chiens que tu as eus maman.

Julie, nostalgique - Il y avait Pirate. Puis Choupette. Ensuite, il y a eu Minou. Puis Mira.

PetiteSoeur, qui reste dans le ton - Mais maintenant, ils sont tous MORTS.

Julie, quand même surprise du changement de sujet - Euh... Bien oui. C'est comme ça.

PetiteSoeur, avide de détails morbides - Ils sont morts de quoi?

Julie - Certains sont morts de leur belle mort...

PetiteSoeur - ...

Julie - Mais la plupart, c'est parce qu'ils ont fait un accident de voiture.

PetiteSoeur - C'est parce qu'ils n'ont pas regardé avant de traverser la rue qu'ils ont eu ces "naccidents"?

Julie, opportuniste, profitant de la situation donner une morale à l'histoire - C'est ça. Il faut faire très attention.

PetiteSoeur, jamais rassasiée - Mais c'était quel jour?

Julie - Quel jour que quoi?

PetiteSoeur - Quel jour qu'ils sont tous MORTS? Chacun des chiens...

Julie - Écoute, chacun a choisi une journée pour aller au paradis des chiens...

PetiteSoeur - Mais tu avais quel âge?

Julie - Disons, 8 ans, 14 ans, 20 ans, puis 27 ans.

PetiteSoeur, satisfaite - Ouf! Tu n'avais pas 3 ans et demi! Comme moi!
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Voilà enfin un heureux dénouement!


©PetiteSoeur
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RIP - Le plus difficile enterrement de ma vie...

Publié par Anik le mercredi, octobre 28, 2009 12 bouteilles à la mer...
Laissez-moi vous raconter l’un des plus tristes enterrements auxquels j’ai assisté, en 2003. Cœurs sensibles, veuillez vous abstenir de lire…
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Un petit groupe entoure le cercueil. Anik imparfaite, en tête de l’attroupement, pleure à chaudes larmes. Elle doit dire adieu à cet être qui a représenté tant pour elle, au fil des années… Elle s’avance devant la foule, pour faire son dernier hommage à cette femme qui entame son dernier voyage et reposera en paix pour l’éternité.

« Je dis aujourd’hui adieu à une femme qui m’a marquée à vie. Rappelons-nous d’elle, chers amis. Elle était si dynamique, si pleine de vie (sanglots…). Évidemment, quand on se lève à 10h00 du matin et qu’on dort paisiblement chaque nuit, ça aide… Elle aimait tellement dormir, c’en était drôle. Elle allait jusqu’à utiliser son réveil pour mettre un terme à ses longues siestes d’après-midi, le week-end…

Elle aimait la propreté et l’ordre. Elle faisait son ménage en deux temps trois mouvements. Ses vêtements étaient toujours propres. Elle cuisinait de bons petits plats que personne ne critiquait. Elle recevait ses amis à coup de repas quatre services. D’ailleurs, elle mangeait ce qu’elle voulait, quand elle le voulait, tranquillement assise à table ou devant la télévision, sans jamais avoir besoin de peser sur le bouton pause. Elle ne se laissait d’ailleurs interrompre que pour se reverser un peu de vin.

Elle était toujours à l’heure à ses rendez-vous ou à ses sorties entre amis. Il faut dire que quelques minutes lui suffisaient pour se préparer et à se mettre en train… Et c’était la même chose le matin, quand venait le temps de se diriger au boulot.

Elle vivait une vie de couple exemplaire, prenant le temps de faire du sport et des activités avec son chéri chaque semaine. Sa vie sexuelle n’avait pour seul inconvénient que de l’obliger à fermer les fenêtres de sa chambre l’été…

Elle était libre et sans soucis, ayant pour principales responsabilités la gestion de ses finances et de son temps.

Je lui dis aujourd’hui adieu, car je sais que je ne la reverrai jamais…

Elle laisse en deuil l’Anik imparfaite que je suis… Celle qui :
  • considère que de dormir, d’un œil, jusqu’à 8h30 le matin est le comble de la grasse matinée
  • se fait réveiller la nuit par des enfants qui toussent ou qui ont perdu leur suce
  • ne fait plus de siestes d’après-midi par pur plaisir paresseux, mais parce qu’elle est crevée…
  • fait son ménage aux 2-3 semaines, parce que tout est toujours à recommencer, de toute manière
  • a des taches sur ses vêtements parce que de petites bouches ou mains s’y sont frottées
  • cuisine des plats simples qui, malgré tout, suscitent la controverse au sein de sa famille
  • reçoit ses amis en commandant du restaurant, parce qu’elle n’a plus le temps de cuisiner des repas gastronomiques
  • mange à heure fixe et se lève en moyenne 8 fois pendant le repas
  • doit calculer 15 à 30 minutes pour arriver à habiller les enfants et à avoir tout ce qu’il fait en main pour une sortie familiale
  • fait du sport et des sorties en alternance avec son mari, plutôt qu’avec lui
  • doit fermer la porte de sa chambre (et sa bouche) lorsqu’elle « s’amuse » avec son amoureux, question de ne pas réveiller les enfants
  • a tellement de responsabilités qu’elle doit les noter pour ne pas les oublier.

Mais, l’Anik que je suis a aussi trois belles filles qui lui font vivre des moments de bonheur intenses… Elle a trois paires de bras qui l’entourent et lui font des câlins… Trois petites têtes qui n’attendent que moi pour découvrir le monde et rêver…

Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, je fais le deuil de toi…

RIP
Ci git
Anik insouciante et sans enfants
1975-2003

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Ça vous arrive de repenser à celle que vous étiez avant d'avoir des enfants ? Elle vous manque, cette femme que vous avez dû enterrer à la naissance de votre premier enfant ? Et que dire de la femme que vous êtes devenue ?

Parfois, j'avoue que, même si le souvenir de qui j'étais avant de devenir mère tend à s'estomper drôlement, j'ai l'impression que le fantôme de cette femme vient me hanter. Une partie de moi aimerait la faire revivre, alors qu'une autre partie de moi se demande sincèrement quel sens aurait ma vie sans mes enfants... Peut-être qu'une petite partie de Oui-ja, de temps à autres, avec Anik insouciante et sans enfants, me ferait le plus grand bien... Faire de la place à cet esprit pour mieux profiter de ma vie de maman le reste du temps ?
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Comment répondre aux questions délicates sur la mort ? (partie 2)

Publié par Julie le mardi, octobre 27, 2009 3 bouteilles à la mer...
Ça ne dérougit pas. Les questions sur la mort sont servies à toutes les sauces. Je me console, Bébé, la fille de Mère Indigne, fait de même.

J'ai quand même appris de ma récente bourde. J'arrive à répondre sérieusement... ou à dévier le sujet.

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Nous sommes à table en train de manger.

GrandeSoeur, fière de ses progrès en anglais - On parlait de Micheal Jackson à la télévision tantôt...

Julie - Qu'est-ce qu'il chantait?

GrandeSoeur - Il ne chantait rien. Ils ont dit son nom dans une émission en anglais... Je pense que c'était un film pour le cinéma...

PetiteSoeur, intéressée - De quoi il est mort, Micheal Scofield?

Julie - Ma puce, Micheal Scofield n'est pas mort. Dieu merci! Ça aurait été jour de deuil national à la maison... C'est Micheal Jackson qui est mort dernièrement. Ils n'ont pas tout à fait la même physionomie...

PetiteSoeur, insistante - Mais pourquoi il est mort?

Julie, ne voulant tout de même pas aborder des détails superflus - Bien, je crois qu'il était très malade...

PetiteSoeur, qui n'en démord pas - Mais c'était quel jour?

Julie, qui n'a tout de même pas gardé ce détail dans sa mémoire à long terme - La journée où notre voisin était bien triste de cette nouvelle.

PetiteSoeur - Ah oui... La journée où il était "crisse*"... "A" m'en rappelle.

Julie - Tu veux d'autre soupe ? C'est moi qui l'ai faite. Je n'ai pas mis de grand-mère dedans.

PetiteSoeur - Non, merci.
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Comment se faire du bien ?

Publié par Anik le lundi, octobre 26, 2009 9 bouteilles à la mer...
Connaissez-vous la recette pour se faire du bien ? Trois ingrédients essentiels :
1) Le plaisir
2) La relaxation
3) L'ingrédient secret...

En fin de semaine, j'ai cuisiné cette recette et Dieu que cela a été agréable. Après 2 semaines de rush pour finaliser le visuel du livre (qui est maintenant à l'impression), j'étais crevée. Alors, je me suis permis un samedi-sans-soucis... Du temps libre à faire des choses plaisantes, un rythme lent et, mon ingrédient secret à moi : aucune obligation de faire quoi que ce soit (même si vous vous doutez bien que ma liste de tâches en attente n'est pas vide pour autant)... Quel est le vôtre ?

Ne rien faire d'obligatoire... Oublier la fameuse phrase « Il faut que ... » Sincèrement, je pense que c'est la phrase que je déteste le plus au monde... Si je m'amuse à faire la liste de ma vie idéale, c'est d'ailleurs potentiellement le 1er élément qui apparaît : dans ma vie idéale, je ne serai jamais obligée de faire quoi que ce soit... Utopique, la petite madame... Oui, je sais, mais il doit bien y avoir des moyens pour diminuer les « il faut que », non ?
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Comment se sentir nulle (sans raison?)

Publié par Anik le samedi, octobre 24, 2009 4 bouteilles à la mer...
Ça vous arrive de vous en vouloir pour quelque chose que vous avez fait concernant les enfants sans que les principaux concernés semblent pourtant s'en formaliser ? Pas claire, cette question? Laissez-moi vous raconter cette petite anecdote et vous comprendrez...

Hier, mes deux plus jeunes recevaient la visite de la sorcière Toutétourdie à la garderie. Or, l'éducatrice ne m'a pas dit à quelle heure la fameuse sorcière arrivait. Je supposais que c'était vers 10h00... Règle générale, je suis toujours à la garderie vers 8h10. Or, ma grande avait une journée pédagogique hier, alors j'avais décidé de prendre mon temps pour partir, ce qui fait que vers 9h15, nous arrivons à la garderie...

J'entre et j'entends une voix magique en train de raconter une histoire. Merde !!! La sorcière est déjà là (et elle n'est pas à la page 1 de l'histoire)... Elle doit y être depuis au moins 15 minutes... (si ce n'est pas plus). En un éclair, je suis envahie de sentiments de culpabilité, de « nullité » et de grande déception. Faut-il être conne pour amener les enfants si tard à la garderie une journée où l'on sait qu'il y a une activité spéciale ? Faut-il être stupide pour ne pas demander l'heure de l'activité ? Bref, je me sens mal.

Mais en même temps, je constate que mes filles sont heureuses de voir la sorcière et qu'aucune des deux n'est en train de se dire : « À cause de ma mère, j'ai raté le début de l'activité ! Mère incompétente, va...» Non, elles vivent dans le moment présent et profitent du plaisir qui est disponible, là, maintenant...

Et elles ont aussi eu du plaisir à la maison, avant de partir, à jouer dans une cabane sous le lit qu'elles ont fabriquées... Ce plaisir est-il moins intense parce qu'il peut être répété plus d'une fois? Peut-on vraiment mesurer le plaisir et le comparer ? Ou devrais-je me dire qu'elles ont eu deux plaisirs plutôt qu'un : la cabane et la sorcière ?

Même si mon côté rationnel me dit que les filles sont contentes, la personne en moi qui voudrait toujours profiter au maximum de la vie ne peut s'empêcher de se dire que c'est poche d'avoir manqué la moitié de l'activité de la sorcière... Au secours ! Quelqu'un peut-il mettre mon cerveau à OFF ? Le faire taire pour de bon ?
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Comment laisser la paresse gagner sur la gourmandise ?

Publié par Anik le jeudi, octobre 22, 2009 5 bouteilles à la mer...
La semaine passée, c'était la Journée internationale de la gourmandise. Avez-vous célébré ? Ici, nous avons pris un singulier souper-déjeuner. Crêpes aux fruits généreusement arrosées de chocolat. AngeCornue en a eu pour son argent : elle était brune d'un bout à l'autre. Son visage, que l'on distinguait difficilement sous une couche de chocolat, n'avait d'égale que sa chevelure encore plus brune qu'à l'habitude, si vous voyez ce que je veux dire. J'ai donc dû passer un certain temps à effectuer un décrassage préliminaire, question de pouvoir la prendre dans mes bras sans risque pour lui faire subir l'étape numéro 2 de nettoyage : un bain en bonne et due forme.

Or, la semaine est à la gourmandise (on se prépare à l'Halloween, il faut croire), parce que nous avons mangé de la fondue au chocolat hier. Fraises, bananes et raisins étaient au rendez-vous. J'ai évidemment servi des fruits aux filles, mais, me souvenant de l'allure d'AngeCornue lors de la journée de la gourmandise, j'ai volontairement omis de lui tremper ses fruits dans le chocolat.

Eh oui! Ma paresse à l'idée d'un second nettoyage extrême dans la même semaine a été plus forte que mon sentiment de culpabilité à l'idée d'empêcher AngeCornue de profiter des plaisirs gourmands de la vie.

Intérieurement, je priais pour qu'elle ne réclame pas sa juste part de chocolat. Elle a toutefois démontré son intérêt envers cette douce substance brune et sucrée. Ma paresse parlant encore (celle-la même qui me fait répondre oui plutôt que non à certaines requêtes de mes filles, parce que c'est moins compliqué que de commencer une guerre ouverte à coup de canon argumentaire...), je lui ai donné un petit morceau de fraise trempé dans le chocolat, en le déposant directement dans sa bouche pour éviter tout dommage collatéral.

Heureusement, Dieu doit exister, parce qu'elle ne m'a pas demandé d'autres fruits chocolatés. Les fruits natures l'ont satisfaite.

J'en suis donc à l'étape de me demander ce que je vais faire avec les chocolats d'Halloween que ma petite AngeCornue va ramasser cette année, pour son premier Halloween. Devrais-je les manger moi-même ou les réserver jusqu'à ce qu'elle soit capable de manger du chocolat sans baver partout ?

Qui suis-je, que fais-je, que mange-je ? Que de questionnements...
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