Trois petits pas qui vont loin...

Publié par Evely le mercredi, juillet 14, 2010
Trois petits pas et tout commence. Trois petits pas et la vie s’ouvre devant soi.

Le premier pas est une affirmation. Je suis !!! Un encrage si l’on veut. Ce pas est celui qui entraîne les deux autres sur le chemin que l’on a tracé.

Le deuxième pas est une perte de certitude. Il est chancelant. On n’est plus trop certain de la manière dont se fera le transfert de poids. Les bras cherchent un appui pour ne pas tomber. Le regret de s’être lancé probablement trop tôt s’empare de nous.

Le troisième pas est la foi aveugle. Maintenant que l’on est suspendu dans le vide, il ne reste plus rien qu’une chose à faire : avancer. Si on se pète la gueule, on se la pètera, mais sinon on va se lover dans les bras douillets de la réussite.

Trois petits pas, c’est ce que mon fils a fait la semaine dernière. Cette semaine, il en a fait quatre, puis il a décidé que c’était assez pour l’instant. "Prenez-moi la main" semble-t-il dire avec ses doigts levés dans les airs. Cependant, il le sait (et nous le savons!), c’est parti! Il a fait ses trois premiers pas. Et tout le monde ne manque pas de nous dire "Attention, vous aurez misère à le suivre tellement il ira vite et partout ce petit fougueux!".

J’ai fait ces mêmes trois pas quand j’ai changé de travail, il y a deux mois de ça. Je les ai faits aussi quand on a acheté la maison, il y a presque deux ans. Et, surtout, je les ai faits quand j’ai laissé Superpapa me séduire à gros coups de clichés judicieusement joués par lui.

La vie est ainsi faite à coup de trois petits pas. Une affirmation, une crainte et un envol. On ne sait jamais si le troisième pas nous mènera à bon port, mais on sait qu’on doit le faire. On doit cheminer, car il n’y a plus rien de bon pour nous sur place. Ça faisait longtemps que l’on y pensait. Il fallait faire un changement, il faut prendre une décision, il faut sentir que l’on est encore là bien vivant. Puis le poids du monde se retrouve sur nos épaules. Sommes-nous assez fort pour nos propres ambitions? Et si l’on échouait? Et si les autres se rendaient compte qu’on ne sait pas vraiment ce que l’on fait? Après tout ces « et si ?», il ne nous reste que le « et pourquoi pas? » (celui que j’aime tant, celui que je disais lorsque je tenais mon blogue Et pourquoi pas Evely). Go! On l’affronte notre Goliath, notre rêve inassouvi, notre ambition cachée, notre changement qui changera tout pour le meilleur comme pour le pire.

Je sais, vous vous attendez que je vous annonce une grande nouvelle suite à cette métaphore... Mais non: je n’ai rien de spécial à annoncer. Rien, sauf que je jasais avec un copain qui vient de se démarrer son entreprise après avoir fait trois pas dans le vide remplis de foi. Rien, sauf que je lis comme vous les aventures et mésaventures d’Anik qui a fait trois pas depuis quelques mois. Rien sauf que mon P’tit Clown marche depuis peu. Je n’annonce rien sauf mon admiration pour ces personnes et beaucoup d’autres qui m’entourent et que je vois qui font ces changements bien réfléchis mais épeurants. Une copine reprend ses études, un autre recommence sa vie de célibataire après 11 ans de vie de couple, un employeur qui m’a fait confiance et m’a engagée malgré le peu d’expérience que j’ai…

Je n’annonce rien sauf que je réalise dernièrement que la vie est toujours parsemée de trois petits pas qui nous mènent loin et parfois à des endroits que l’on n’aurait même pas pu imaginer. Trois petits pas et tout change à tout jamais.

10 bouteilles à la mer...:

Caro l'ergo on 14 juillet 2010 à 06:41 a dit…

Excellent billet! Dans la vie, s'il n'y avait aucun pas dans le vide de tenté, il n'y aurait pas de changement... Dans le pire des cas, on tombe et on se relève !

C'est ça la vie non!

Anik on 14 juillet 2010 à 08:16 a dit…

@ Evely
Je dois être particulièrement émotive à quelques jours de ma vie officielle de mère monoparentale qui commence vendredi, parce que j'ai le goût de pleurer en te lisant. Pleurer de joie, beaucoup. Pleurer de nostalgie, un peu. Pleurer de fierté devant le courage que j'ai eu d'assumer celle que je suis devenue avec le temps, même si cela demandait de faire 3 petits pas qui m'ont parus énormes, mais combien essentiels...

Trois petits pas... C'est si merveilleur à faire... J'espère en faire toute une série dans ma vie...

Vraiment, ton billet me touche et me remplit d'espoir, de foi aveugle et salvatrice...

Caroline (La Belle) on 14 juillet 2010 à 08:25 a dit…

J'ai réalisé en te lisant combien de 3 petits pas j'ai fait depuis... Et ça me rassure beaucoup. On n'est si souvent le nez collé sur nos problèmes. Nous réalisons pas assez souvent tout le chemin accomplit.

Merci d'avoir pris le temps de me le faire réaliser ! Je nous souhaite à nous toutes plusieurs 3 petits pas !!

Janick on 14 juillet 2010 à 09:26 a dit…

Quel beau billet! Quelle belle façon tu as d'écrire sur la vie. Ces trois petits pas sont important pour notre épanouissement. J'ai fait mes plus grands trois petits pas en 2007 lorsque j'ai quitter mon emploi pour rester à la maison. Jamais j'aurais cru que ce serait la plus belle décision de ma vie!!
Continue de nous émouvoir avec de si beaux billets.

Sébastien Haton on 15 juillet 2010 à 09:06 a dit…

Il y a des gens, adultes, qui font 3 pas, vous tendent la main et vous disent :
"Je ne ferai pas un pas de plus sans votre aide."
La morale de mon histoire courte ?
Et bien voilà : pourquoi 'pas' et 'pas' sont-ils homophones et homographes ?

Evely on 15 juillet 2010 à 20:39 a dit…

@ Caro l'ergo
Merci. En plus quand on tombe, on apprend aussi avec le temps comment tomber pour ne pas se faire mal... encore une leçon que mon fils m'a fait comprendre ;o)

@ Anik
Je pensais beaucoup à toi en l'écrivant. C'est tout un trois pas que tu as fait et celui du milieu devait être très déstabilisant. Tu me sembles être une fonceuse et je suis certaine que tu est à l'aise dans le troisième pas, celui de on y va coûte que coûte. Bonne chance... que dis-je, je suis certaine de ton succès et bonheur dans les choix que tu as fait.


@ La Belle
Tu as bien raison, le nez collé sur nos problèmes ne permet pas de voir la distance que l'on a fait, c'est un peu comme regarder une carte routière et ne jamais regarder le paysage. Lorsqu'on lève les yeux on se rend compte qu'on est et souvent que l'on est bien.


@ Janick
Je suis heureuse pour toi. C'est important de faire ce qui nous convient le mieux au-delà des critiques. Tu vois, moi je voudrais travailler à temps partiel (4 jours semaine), pour plusieurs raisons je ne peux pas le faire pour l'instant, mais en temps et lieux... Félicitations pour ton choix.


@ Shaton
Le plus drôle est que depuis que j'ai écrit ce billet, mon fils refuse de marcher seul. Il faut toujours qu'on lui prenne la main. Il ne l'utilise pas comme stabilisateur, mais plus comme assurance. Il est complètement capable de marcher, mais ne le fait pas. Des fois ça nous désespère, mais d'un autre côté, je pense que c'est une grande qualité que de savoir demander de l'aide quand on vit une incertitude. Donc je dirais homographe avec une consonance d'homophone, car pour beaucoup de monde c'est un pas énorme à faire que de demander de l'aide

Mamantroispointzero on 15 juillet 2010 à 21:12 a dit…

J'adore ton billet Evely, je dois avouer qu'il m'interpelle particulièrement en ce moment. Ça me fait du bien de lire ça!

Sébastien Haton on 16 juillet 2010 à 05:05 a dit…

Evely, ce que tu dis est sage et très juste. Mais par expérience personnelle, je sais que c'est parfois un pas tout aussi énorme de cesser de demander de l'aide. Certes, ton fils n'en est pas là, loin de là ;-)) (et heureusement) mais si dans 2 ans il te demande toujours de l'aider pour marcher, tu t'inquiéteras...

Anik on 16 juillet 2010 à 09:50 a dit…

@ Evely
C'est vrai que le 2e pas a été difficile. Si bien que pendant 2 semaines peu après la séparation, nous avons même décidé de nous donner une dernière chance... Cela n'a duré que 2 semaines, car nous avons réalisé qu'on ne voulait pas vraiment continuer. Et la foi aveugle, bien je l'ai de plus en plus et j'ai confiance.
Ma nouvelle vie commence demain!

Anik on 16 juillet 2010 à 09:51 a dit…

@ Shaton
Cesser de demander de l'aide, voilà qui est très intéressant. Certaines personnes n'y arrivent jamais... Vive l'autonomie, même si cela peut faire peur !

 

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