Ma malédiction

Publié par Evely le jeudi, mars 24, 2011

Je vis une grande malédiction. J’imagine que c’est mon karma ou que je paie pour m’être laissé éloigner de mes premiers amours. En fait, à être franche, ce n’a pas toujours été le grand amour entre nous, mais le jour où je me suis perdue dans la magie des mots, c’est devenu une passion, un coup de foudre qui tonne depuis dans mon imaginaire.

Bon je m’explique plus clairement. Ma grande malédiction est que je n’arrive plus à dénicher de bons livres depuis un bon moment. Avant, j’allais à la petite libraire sur Crémazie en face du marchant de bagels. Cette petite libraire où un matou se promène entre les jambes des clients et fait des siestes sur les piles de livres qui définissent les allées. Quand j’entrais dans la boutique qui sent la poussière et l’encre, je repartais quelques heures plus tard avec un sac plein de vieux bouquins et de poils de chat. Je m’installais au Café Kriegoff avec un allongé et je passais l’après-midi en compagnie de Camus, de Tolstoi, de Baricco ou de Hemingway. Je me perdais dans les rues d’une vieille Barcelone, je tombais amoureuse d’âmes damnées et je mourais dans les tranchées de guerre que je n’ai connues qu’en mots.

Mais ce n’a pas toujours été comme ça. Enfant, ma maman me soudoyait presque pour lire quelques pages de romans juniors. Je détestais les livres aux histoires trop longues, aux descriptions interminables et aux personnages théâtraux. Un jour, en secondaire cinq, notre professeur, une femme grosse au faux accent français, nous dit que nous allions lire Des souris et des hommes. J’ai pris ce livre du bout des doigts et tranquillement, sans m’en rendre compte, je m’en suis délectée. J’étais en amour avec cette manière de décrire, de vivre et de sentir un passé à la fois complètement imaginé et basé sur la réalité des années trente. Depuis, je croque goulûment dans ces petits univers de papiers.

Sauf que voilà, quand j’ai rencontré Superpapa, les livres ont pris la table de chevet et se sont empilés pendant que je vivais mon histoire. Avec la naissance de P’tit Clown et la maison, ils ont pris la troisième étagère et une couverture de poussière. Tout ça pour dire qu’il y a un peu plus d’un an, je m’y suis remise. Armée de trois ou quatre livres, j’ai recommencé à naviguer au travers des histoires. Sauf que je ne trouve pas de bons livres. Ce doit facilement être mon quatrième livre de suite qui me déçoit. Du coup, en plus, j’ai toute la misère du monde à finir. Moi qui lisais tout et de tous les genres, moi qui n’arrivais pas à vivre une journée sans lire au moins une page, me voici dans un désert aride depuis plus d’un an.

Pourtant, je prends des valeurs sûres. Des coups de cœur de Renaud-Bray, des livres recommandés par des copines et de la famille. Rien n’y fait, je n’embarque pas. Les histoires ne me touchent plus comme avant. J’attends que Baricco en sorte un autre pour me chavirer, pour me faire fondre, pour me sentir voyager. J’espère découvrir dans le fond d’une librairie, cette petite perle qui viendra ranimer ma flamme que j’entretenais avec tant de passion.

Puis une idée me vient. Et si la raison pour laquelle je ne brûle plus autant pour les histoires que je lis est parce que je me passionne pour une seule histoire maintenant ? Et si mon histoire, celle de Superpapa et de P’tit Clown est la seule que je ne me lasse pas de découvrir ? Elle n’est pas prise entre des pages blanches, elle n’est pas définie sous les taches d’encre noire, mais elle est belle et me comble. Arriverais-je un jour à lire une histoire aussi belle que celle-là ?

Bien sûr que non! La réalité surpasse les mondes imaginés et imagés des livres, mais j’espère, quand même, retrouver des livres qui me font perdre la notion du temps, qui me font oublier les petits tracas et qui me font aimer la douceur de la langue française sous tous ses accents et ses coutures.

5 bouteilles à la mer...:

Marie-Julie Parent on 24 mars 2011 à 08:05 a dit…

Et si tu osais écrire à ton tour, une belle histoire, juste pour le plaisir?! ;)
Moi c'est le temps qui me manque pour la lecture...

Anik on 24 mars 2011 à 08:57 a dit…

Marie-Julie a raison...
Et si tu l'écrivais ?
Moi aussi, je t'avoue que j'ai un peu perdu l'habitude de lire des romans, quoique j'en lis de temps à autres... Je préfère les livres qui me pousse à réfléchir, à apprendre... Mais je pourrais t'envoyer quelques extraits de mon prochain roman et de mon prochain livre anecdotique... Qui sait, peut-être que tu aimeras ?

Evely on 24 mars 2011 à 22:09 a dit…

@ Marie-Julie Parent

J'aimerais bien écrire notre histoire, mais je connais pas la suite :o) En fait, je l'écris un peu à chaque semaine sur ce blog.

@ Anik

J'aimerais beaucoup te lire. Qui sait, tu es peut-être celle qui va ranimer ma passion

La Belle on 27 mars 2011 à 21:44 a dit…

J'aurai tendance à dire la même chose que les filles avant moi! Essaie!

Pour les livres j'suis comme Anik, je lis beaucoup sur des livres qui me font réfléchir que sur des histoires. J'imagine que j'ai du ménage à faire dans ma tête encore ;-)

Evely on 28 mars 2011 à 23:05 a dit…

@ La Belle

En fait, je n'ai pas le tempérament pour écrire quelque chose d'aussi long qu'un livre. C'est pourquoi je m'amuse avec des petites histoires enfantines. Ceci dit, ça reste qu'en même un rêve d'écrire un roman.

Je ne suis pas très porté sur les livres de croissance personnelle, mais je considère, les quelques que j'ai lu, comme étant des bonnes lectures et c'est vrai qu'ils aident dans notre cheminement

 

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