Frérot grano

Publié par Evely le jeudi, janvier 27, 2011
Mon Frérot grano est une personne géniale qui aime les autres et qui a une oreille attentive pour quiconque en a besoin. Il s’implique dans ce qu’il fait et sait qu’il en a encore beaucoup à apprendre de la vie. Il est opiniâtre et têtu, mais en même temps il accepte la critique et admet ses torts. Il est perfectionniste, artiste, mais il est avant tout un père incroyable.

Bien sûr, quand j’étais petite, je lui aurais arraché la tête. Ce n’est pas qu’il me faisait sentir qu’il était plus grand et plus fort que moi, c’est qu’il a développé son humour pince-sans-rire à mes dépens. Ma maman me disait de l’ignorer, mais ce n’est pas évident à faire quand on est une fillette qui prend tout à cœur. Oh, les mesquineries, les taquineries, les petitesses et les provocations que j’ai subies! Le nombre de fois que j’ai crié à l’injustice, que je l’ai dénoncé, que je l’ai frappé, que je l'ai étrillé pour que ma torture s’arrête. Je vous le dis, quand mes cornes rouges et ma queue fléchée sortaient, il payait double ration pour ce qu’il me faisait endurer.

Sauf, qu’en vérité, même petite, j'ai toujours voulu qu’il soit pas là. Ma plus grande crainte était que l’on nous sépare. Il est mon frère et j’ai besoin de lui.

Avant que je naisse, mon Frérot grano avait demandé à ma maman d’avoir un petit frère ou une petite sœur. Alors quand je suis née, j’étais son jouet. Il me caressait, il courait chercher ma maman quand je pleurais et il me protégeait. Ma maman peut vous le dire, si j’ai été gâtée (et je l’ai été!)! C’est à cause de mon Frérot grano qui faisait tout pour me rendre heureuse.

Quand Frérot grano a commencé l’école, je m’ennuyais terriblement de lui. Un jour, il a avoué à ma mère que les grands de sixième année lui faisaient du mal. Du haut de mes quatre ans, je voulais aller les voir ces grands et me battre contre eux pour protéger mon Frérot grano. J’attendais à la fenêtre du salon, le soir. Quand l’autobus jaune passait, j’étais prête à sauter dessus ces garçons. Ma maman devait me calmer tellement j’étais enragée qu’on fasse du mal à mon Frérot grano.

Nous nous chamaillions, comme tout frère et sœur. Étant donné qu’il était plus grand, je perdais toujours et je finissais toujours en pleurs. De plus, j’étais une petite puce qui portait ses émotions à fleur de peau et il savait en profiter. Sauf, qu’on s’adorait. Je l’appelais mon petit frérot et lui me disait que j’étais sa grande sœurette. Il venait jouer aux poupées avec moi et il me permettait de jouer aux autos avec lui. Il y avait juste les LEGO qui était hors de portée. C’était son jeu à lui et je respectais ça.

Adolescents, nous avons fait les quatre cents coups, mais chacun de notre côté. Tard le soir, quand il rentrait un peu saoul, il venait me raconter sa soirée. Plus tard, c’était moi qui l’appelais pour qu’il vienne me chercher quand l’alcool m’enivrait trop. Quand maman se doutait qu’on faisait des mauvais coups, on se protégeait l’un l’autre. Et un jour, il est parti en appartement. Je m’ennuyais de lui, mais l’avantage était qu’il avait un appartement en plein centre-ville. Assez génial quand les copines et moi voulions une place pour dormir après des nuits à danser.

C’est finalement moi qui suis partie pour Québec et Frérot grano est parti en Afrique. Bien que nous communiquons rarement, il reste une des personnes les plus influentes dans ma vie. J’étais tellement heureuse à son mariage sous le soleil du Cameroun. J’étais si fière de lui quand nous l’avons visité en Suisse dans son chez-lui avec sa femme et ses enfants. Il me tape toujours sur les nerfs parce qu’il en sait plus que moi, parce qu’il a son humour douteux, mais il est une des raisons pour lesquelles que je suis forte aujourd’hui. Il m’a aidée à me forger.

Quand mes parents se sont séparés, c’est Frérot grano qui a pris soin de moi. Il m’a protégée et s’est assuré que tout aille bien pour moi. J’ai souvent dit et je le pense encore : mon papa, c’était mon grand frère et j’ai eu un excellent papa. L’été passé, Frérot grano est venu nous visiter avec sa femme et ses enfants. J’étais comblée de pouvoir les accueillir chez moi. Je l’ai remercié pour tout ce qu’il a fait pour moi au fil des ans en lui demandant d’être le parrain de P’tit Clown, chose qu’il a accepté sans hésiter.

Mon Frérot grano est une personne géniale, bien qu'il est terriblement tape nerfs si vous me demandez.

Crédits photo: Licence CC sugar pond

4 bouteilles à la mer...:

Caro l'ergo on 27 janvier 2011 à 06:37 a dit…

C'est beau comment tu décrits ton frérot. Et c'est vrai que ce n'est pas toujours facile avec eu et que la relation s'améliore en grandissant. Personnellement, j'en ai deux frères et malgré une enfance parfois tendue, nous nous entendions et nous entendons toujours à merveille.

Evely on 27 janvier 2011 à 21:49 a dit…

La famille, il n'y a rien de tel

Mamanbooh on 27 janvier 2011 à 22:05 a dit…

Je suis contente d'en apprendre un peu plus sur ton frère...

Comme je te suis depuis un bon moment ici et là, j'avais retenu son surnom et le fait qu'il vivait à l'étranger, deux points très intéressants pour moi!

On se ressemble encore plus que je le pensais, avec mon petit frère (un bon 6 pieds, ex. joueur des Rouge et Or), j'ai été la grande soeur et je le resterai toujours. Quand mes parents se sont séparés, je suis devenue sa mère, son père et le parent de mes parents...

Merci, tu me donnes le goût d'écrire sur lui...

Evely on 27 janvier 2011 à 22:13 a dit…

@ Mamanbooh

J'aimerais bien que tu écrives sur ton frère, je te lirais avec plaisir

 

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